Ce blog a une histoire. Enfin du moins par le nom. La version un a rageusement finie à la poubelle quand j'ai décidé de faire table rase des....trucs traumatisants du passé ?
Ah la bonne blague. Si seulement c'était possible de tout oublier. ou à défaut de faire un petit tri sélectif ?Une petite lobotomie ça vous dit ? Non ? Bon.
Donc, la version un a vu le jour pendant mes études d'animation 3D. J'y postais mes dessins persos avec beaucoup de fierté mais surtout en passant mon temps à m'excuser auprès de mes quelques lecteurs pour la piètre qualité de mes œuvres.
"c'est presque comme si tu leur criais de te dire que t'es nulle à chaque post, tu te dévalorises complètement là !"
Voilà en substance un des commentaire amical "dans mon intérêt" que j'ai pu recevoir. Entre nous, j'aurais préféré un compliment, ça m'aurait moins mis en rogne. Mais bon, je ne peux pas toujours tout contrôler.
Comment ne pas s'énerver contre quelqu'un qui vient invalider tout ce qu'on pense à propos de soi. Pour moi c'était ma normalité de ne jamais me sentir à la hauteur, de me sentir souvent médiocre en comparaison de mes camarades, malgré tout le plaisir et la fierté que je pouvais ressentir en apprenant à dessiner.
Je suis sûre que ca vous parle, l'impression de ne jamais "être" assez, le manque de recul, les critiques qui vous scarifient de l'intérieur.
Me dévaloriser, je faisais ça tout le temps. Je m'en rends compte maintenant :16 ans plus tard.
Une aventure E-P-I-Q-U-E.
J'étais une écorchée vive sous ma peau. Tout me faisais mal, un mal invisible qui m'a rongé jusqu'à l'implosion. Jusqu'au jour où dans le miroir j'ai pu vraiment me voir, sans la peau sans le masque, un machin sanguinolent qui pouvait à peine respirer.
Si vous avez vu le dernier film de la saga Harry Potter, vous vous rappelez certainement du dernier Horcrux de Voldemort à la toute fin. Vous savez, l'espèce de bébé tout déformé et tout faible qui se cache sous le banc lorsque Harry parle avec Dumbledore. Voilà, c'est ainsi que je me suis vu pendant longtemps.
Heureusement quand on a touché le fond, on ne peut que remonter !
Donc en fait ce blog version un, il était très bien tel qu'il était, et moi aussi.
Mais bon, j'avais pas compris toute cette histoire d'estime de soi et d'acceptation...que c'est ok d'échouer, et que c'est même une super occasion d'apprendre d'ailleurs. Que je ne suis pas "moindre que" parce que je n'y arrive pas du premier coup et que le petit à petit ça marche aussi (et même vachement bien d'ailleurs !).
Bref, j'avais pas compris.
Clairement, il me manquait des outils pour vivre sereinement.
Alors j'ai pris le temps, un peu de thérapie, beaucoup de lectures, de respiration, pas mal d'errance en somme, avant de cesser de m'identifier à cet écorché.
J'ai dû cicatriser et puis après, vivre tout simplement...et m'éloigner de ces chemins tracés pour moi mais pas par moi.
Mais entre temps j'étais en colère. D'ailleurs, cette colère je chemine toujours un peu avec elle !(mais on apprend à se connaître elle et moi).
Et puis j'avais mal. J'ai tenté tellement de choses pour échapper à cette douleur. Combien de fois peut-on se réinventer ? J'ai bien dû tenter de "recommencer à zéro" au moins une dizaine de fois.
Allez ! Nouveau moi tout neuf, cette fois c'est la bonne je vais y arriver ! Arriver à quoi ceci dit ? je suppose que j'avais cet idéal de qui je devais être et de ce que je devais faire. Combiné ça à une tendance au perfectionnisme exacerbée, une peur panique de l'échec et un ego qui ne me voulait pas du bien...la recette du malheur.
J'étais mon propre problème. Coincé dans mon bocal, à tourner, tourner, tourner.
Je veux dire, une fois devenue adulte, j'avais la responsabilité de mes choix. Le nombre de fois où j'aurais pu choisir de me respecter, de m'aimer au lieu de m'autoflageller....
Le truc c'est que je manquais de pratique.
18 ans à ne pas s'estimer, forcément c'est compliqué.
16 ans pour y remédier ? Je suis dans les temps, finalement.
J'essaye très fort de ne pas regretter tout ce temps perdu et d'apprécier tout le chemin parcouru.
Donc, un blog, d'autres blogs, instagram, facebook...tout ça, sans jamais vraiment m'exposer totalement. Toujours dépendante du regard des autres. Chaque projet artistique était l'occasion de me réinventer un peu, de me montrer à travers mes dessins.
Encore des déguisements, où chaque like vient remplir le vide.
Le piège.
Que reste-t-il quand on a plus de like ? quand les encouragements se tarissent ? quand on ne poste plus car le doute et l'anxiété reviennent, aussi régulier que la marée ?
Le vide. L'angoisse.
J'arrêtais et puis je recommençais. Tourner, tourner, tourner dans mon bocal.
Que c'était épuisant.
Et puis j'ai eu ma première fille. Rajoutez l'épuisement mental à l'épuisement physique, rajoutez le tsunami de la maternité : avoir la responsabilité d'une nouvelle vie.
Comment réussir à faire quoique ce soit alors que je n'étais déjà pas capable de m'aider moi-même? Les enfants sont des miroirs, ils font ce qu'on fait. Ils ne font pas ce qu'on dit. Et si je suis honnête avec moi même j'ai longtemps jugé et parlé...sans pour autant remettre en question mes propres comportements.
Alors petit à petit, j'ai déposé toutes ces attentes, ces fardeaux qui me pesaient pour vivre au rythme de Céleste. Du haut de ses deux ans, elle enchainait les petits pas avec une telle curiosité, une envie de tout découvrir, de tout expérimenter. J'ai eut besoin de faire pareil.
J'ai ralenti pour marcher à ses côtés. Autant vous dire que parfois je trouvais le temps long ! Mais justement, c'est dans ces moments de "rien" que j'ai pu apprendre à m'apaiser, à faire connaissance avec moi même, à profiter de la vie, là, maintenant. J'avais un peu moins peur du vide.
Alors forcément, j'ai passé moins de temps à dessiner, à poster, jusqu'à ce que j'arrête complètement.
J'ai fini par remarquer qu'à chaque fois que je recommençais à dessiner, passé les premiers instants d'intense joie, la pression de la performance revenait. Mon corps se souvient de toute cette anxiété, je me recroqueville, mes pensées s'emballent encore et tendent vers la culpabilisation. Le raz de marée n'est jamais loin.
Je me promets que tant que je n'aurais pas trouvé le moyen de faire ça sainement, sans pression alors je ferais autre chose. Après tout j'ai encore toute la vie devant moi, et clairement des tonnes d'autre choses que je peux faire !
D'ailleurs, merci à Julia Cameron pour son livre, ses pages du matin, qui m'ont aidé à comprendre : c'est fou toute la m****qu'on peut se jeter à la figure.
J'étais mon propre bourreau.
Je pouvais aussi être celle qui allait me sauver.
Ah c'est sûr, à lire c'est un peu...dramatique ! Mais il ne faut pas négliger la place que peuvent prendre les ruminations et la dépression. Ma tête ne me laisse aucun répit, JAMAIS.
Alors forcément quand ça ne va pas, RIEN ne va ! Mais je me soigne.
Et je m'efforce de copier ces personnes qui voient d'abord le positif en toute chose. Comme dirait mon compagnon, ceux qui ont tendance à voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide.
Le changement s'amorce là, tout est une question de perspective.
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Alors pourquoi ce blog version deux ? Et bien, parmi toutes les choses que je peux faire et qui me font du bien, il y a écrire.
Et souvent, écrire me me vient plus naturellement que dessiner.
Et aujourd'hui, j'ai envie de me montrer, avec honnêteté et bienveillance, à qui voudra bien me voir et me lire.
J'ai bien moins d'égo que quand j'étais jeune(enfin j'espère !), et, si je travaille encore à trouver ma façon d'être sereinement dans ce monde, j'ai eu seize années pour apprendre à me construire une armure pour me protéger des écorchures.
Et si, là dehors, c'est comme du papier de verre sur ma peau, j'ai les deux petites mains de mes filles dans les miennes qui me rappellent que je ne suis pas seule.
Tout ce que j'apprends c'est pour moi mais surtout pour elles.
J'ai l'impression que cette histoire je l'ai raconté des dizaines de fois. Peut être est-ce la dernière ?
ou alors peut être que ce blog version deux est lui aussi destiné à la poubelle ?
Surtout ne pas trop se poser de questions ! La seule constante c'est le changement.
Je suis le mouvement, petit à petit je change de perspective.
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